Devoir de vacances, c’est un challenge de mon club photo.
L’idée était de choisir une photo et d’essayer d’en faire une analyse, d’aller au-delà du « j’aime, j’aime pas ».
Pour ceux qui pensaient que j’allais me soustraire à cet exercice, voici mon essai.

Steve McCurry, Flower seller (1996), Dal Lake, Srinagar, Kashmir

Steve McCurry, Flower seller (1996), Dal Lake, Srinagar, Kashmir

Pour cet exercice, j’ai choisi un photo de Steve McCurry.

Ce que j’aime:
Le format vertical, qui va à l’encontre des règles établies. Puisqu’en général un paysage se fait au format…(devinette).
Ici, je crois que ça lui va bien, un bon dynamisme renforcé par le bas sombre et le haut clair, créant une belle profondeur qui nous perdre là-bas tout au fond dans une légère brume.
La profondeur de champ moyenne noie la rivière dans un joli flou pour renforcer encore le côté brumeux. (Eh! oui, on peut noyer une rivière)
La brume apporte une idée de rêve, c’est pas mal pour un paysage de faire rêver, non ?
La verticalité et la profondeur sont soulignées par les diagonales initiées par la barque, prolongées par le reflet du ciel dans l’eau, et ensuite la lisière de la frondaison. Trois plans bien définis qui s’imbriquent harmonieusement. L’attitude du pêcheur, bras et rame s’inscrivent aussi dans ces mêmes diagonales.
La construction ne respecte pas la règle des tiers. (Sacrilège) 😆 😆 😆
Le point de fuite est en effet placé très haut dans l’image. Comme le ciel est très lumineux, il aurait été brulé, donc pour avoir une bonne exposition de la scène, on le réduit au minimum. (Une astuce à retenir)
Le rameur est centré, apporte un relatif calme qui sied bien à cette scène.

Nous sommes sur un plan moyen, qui nous permet d’être directement dans le cœur de l’action, on a l’impression d’être sur la barque, la vue en plongée permet ici de séparer les plans, les fleurs, le pêcheur, le reflet (qui permet d’apporter du contraste pour mieux révéler le pêcheur), l’eau et l’horizon. ( et de diminuer le ciel)

La belle lumière, venant de notre droite, d’un soleil voilé par une couverture nuageuse ou une brume, éclaire délicatement les fleurs et le côté du pêcheur. (Il fallait tout de même gérer le contre-jour).
La lumière réchauffe la couleur des fleurs en augmentant le contraste avec le vert général.
L’opposition, tons chauds, près du spectateur et ton froid, au loin, est aussi à souligner. Comme souvent ce qui est proche, connu, semble plus rassurant, plus chaud, douillet que ce qui est loin est inconnu, froid, inquiétant.

Ce que je n’aime pas:
Ne pas l’avoir faite.

Et vous vous en pensez quoi, les commentaires sont ouverts…