Denis Brilhat, jusqu’au 24 janvier 2015, Maison de la photographie, Rue Nicolas Laugier – Place du globe – 83000 TOULON

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Pour ceux qui ne connaisse pas Denis Brilhat, vous devez courir et si vous connaissez aussi courrez, voir ces noirs et blancs d’une profondeur inégalée, des transparences uniques (voir la tranche de citron).
Au second étage, des noirs et blancs encore, mais développés avec une technique particulière* qui donne des couleurs très personnelles, à découvrir des rouges coquelicot aussi légers que des oiseaux, ou des tulipes noires.
La photo, ça se regarde au mur, dit ce jeune homme de quelques printemps avec son regard malicieux dans un film projeté dans une petite salle voisine, à regarder pour appréhender le personnage. Beaucoup d’humour et de bon sens.
Pour moi, cette visite a été une vraie claque.

*Quelques précisions de l’auteur.
Un tirage noir et blanc est un tirage sur un papier sensibilisé aux sels d’argent.
Les photographies qui sont colorées sont faites à partir de films et de papier noir et blanc ; le tirage noir et blanc et traité ensuite par ce qu’on appelle des virages. Qu’est-ce qu’un virage ? Le traitement dit de virage consiste à «transmuter» l argent métallique du tirage noir et blanc – plus ou moins partiellement – en d’autres métaux ou leurs sels. On peut obtenir ainsi des rouges avec l’or, des bleus avec le fer, du jaune avec le vanadium, des sépias avec des sulfures, etc… Ces procédés donnent des couleurs
particulièrement stables au temps et à la lumière.
Certaines photographies présentent une sorte de «gravure photographique ». Qu’est-ce qu’une gravure photographique ? L’épreuve initiale est toujours une épreuve argentique en noir et blanc. Cette épreuve est ensuite traitée dans un bain de gravure qui affecte plus ou moins les grandes densités de l’image originale. Cela suppose ensuite un « redéveloppement » qui procure des noirs plus riches et une impression de profondeur.
Ces techniques compliquées et longues ont permis à l’auteur d’avoir un dialogue encore plus avec la matière même de l’image, le plus important pour lui, est-ce la peine de le dire ! Étant d’essayer de transcrire la vision et l’émotion initiales qu’il a eues à la prise de vue, et qu’il espère transmettre au spectateur.
Denis Brihat, octobre 2014

Arum © denis Brihat

Denis Brihat